Dans le paysage actuel de la Dordogne, la rentrée économique de cette année ne se contente pas d’illustrer une simple continuité. Elle met plutôt en lumière les inévitabilités d’un schéma en évolution, riche en disparités. Sur le front de l’apprentissage, la situation offre un panorama nuancé. Bien que le Campus de la formation professionnelle de Boulazac-Isle-Manoire enregistre des effectifs stables, la réalité révèle un écart net entre les filières. Si certaines, comme la boulangerie ou la coiffure, attirent les foules, d’autres, comme l’hôtellerie-restauration, peinent à séduire les jeunes cœur d’une dynamique économique parfois sinistrée. Dans ce contexte renforcé par l’inflation et des défis structurels, ce tableau tantôt encourageant, tantôt interpellant demande une attention particulière pour la pérennisation de l’expérience d’apprentissage des jeunes Dordognais.
Les forces en présence dans l’apprentissage en Dordogne
Le Campus de Boulazac, fruit d’une alliance entre la Chambre de commerce et la Chambre de métiers, se positionne comme un véritable carrefour de la formation professionnelle. Avec 900 apprentis en 2025, il se démarque par des inscriptions notables dans certaines filières. Voici un aperçu des tendances actuelles :
- Boulangerie, pâtisserie, chocolaterie : ces filières affichent complet, témoignant d’un engouement indéniable.
- Coiffure : une discipline en pleine expansion qui ne semble pas connaître de limites.
- Hôtellerie-restauration : la filière endurant encore des difficultés, ouverte à de nombreuses offres non pourvues.

État des lieux des effectifs
Toutefois, cette dynamique d’ensemble dissimule des réalités contrastées. Par exemple, la directrice du centre de formation, Cathy Ranoux, constate que les formations au-dessous du niveau bac, spécialement celles de l’hôtellerie, montrent des signes de faiblesse.
| Filières | Effectifs 2025 | Observations |
|---|---|---|
| Boulangerie, pâtisserie | Complet | Forte demande |
| Coiffure | En augmentation | Popularité croissante |
| Hôtellerie-restauration | Ralentissement des inscriptions | Offres non pourvues |
Les défis à surmonter : un regard sur l’hôtellerie-restauration
Malgré la hausse des inscriptions dans certaines filières, la situation de l’hôtellerie-restauration est préoccupante. Confrontée à un paradoxe de faible attractivité, elle peine à fidéliser les apprenants. Pour Cathy Ranoux, la recherche d’une main-d’œuvre adaptée est un défi majeur. En effet, souvent, les jeunes trouvent des opportunités ailleurs et décrochent leurs contrats d’apprentissage pour des CDI. La situation du milieu est telle que la demande d’employeurs reste élevée, mais l’attrait pour les métiers s’amenuise.
- De nombreuses offres d’emploi non pourvues.
- Rémunérations susceptibles d’être revalorisées mais encore peu attractives.
- Difficultés de matching entre les aspirations des jeunes et la réalité du terrain.
Perspectives d’amélioration : adapter l’apprentissage aux exigences du marché
Un enjeu fondamental réside dans l’adaptation des formations aux exigences. La directrice régionale, Léa Mazière, souligne l’importance de faire évoluer les contenus. Par exemple, des formations sont ouvertes dans des domaines émergents, telles que celle de chocolatier, alors que d’autres sont suspendues pour répondre à un élan plus pragmatique. Il est vital d’ajuster la formation aux besoins des entreprises pour favoriser une meilleure insertion professionnelle.
| Filières à développer | Filières à redimensionner |
|---|---|
| Chocolatier | Prothésiste dentaire |
| CAP électricien | – |
| CAP maintenance de motos | – |
Face aux défis du marché de l’apprentissage et à une dynamique économique fluctuante, la Dordogne demande une agilité croissante dans la formation. Le soutien et la mobilisation de tous les acteurs locaux seront essentiels pour transformer les défis en opportunités, rendant la rentrée économique non seulement un cadre d’inquiétude mais aussi une promesse d’avenir pour les jeunes.
Source: www.sudouest.fr


