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Achats transfrontaliers : faire ses courses chez nos voisins, est-ce vraiment toujours moins cher ?

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De Virginie

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Un coffre rempli de bouteilles d’eau, quelques courses en France et, au retour, la question qui revient devant le ticket : l’escapade a-t-elle vraiment fait économiser de l’argent ? Pour les ménages belges proches d’une frontière, les achats transfrontaliers ont longtemps semblé une évidence. Pourtant, comparer les prix d’un pays à l’autre n’a rien d’un simple jeu de caisses enregistreuses : les taxes, les promotions, les marques et même les habitudes de consommation changent la donne.

Les dépenses belges en alimentation et en boissons chez les voisins ont atteint 769 millions d’euros en 2023, avant de redescendre à 708 millions en 2025. Au premier semestre 2026, le mouvement se poursuit, avec 325 millions d’euros contre 345 millions sur la même période un an auparavant. La France reste la destination favorite, mais un prix plus bas sur une bouteille ou un produit de marque ne signifie pas que tout le panier y coûte moins cher. Pour Sophie, qui habite près de la frontière, la bonne affaire se décide donc avant le démarrage de la voiture : elle compare les produits, le trajet et les promotions, plutôt que de se fier à l’impression laissée par une seule étiquette.

Courses à l’étranger : pourquoi les Belges franchissent-ils la frontière ?

Sur la période 2008-2022, les achats transfrontaliers belges représentaient en moyenne 483 millions d’euros par an. Le bond de 2023 a marqué les esprits, mais le recul observé ensuite rappelle que ces dépenses évoluent avec les prix, les taxes et les offres disponibles.

En 2025, la France a capté 463 millions d’euros d’achats alimentaires et de boissons réalisés par les Belges dans les pays voisins. Les boissons non alcoolisées ont représenté 82 millions d’euros, dont 30 millions pour l’eau ; les boissons alcoolisées, 63 millions, parmi lesquelles 35 millions pour le vin. Ces montants décrivent des dépenses, pas une preuve que chaque produit est moins cher de l’autre côté de la frontière.

Les écarts de fiscalité peuvent néanmoins peser sur certaines catégories. En Belgique, les taxes et contributions liées aux emballages représentent, selon Fevia, entre 25 et 30 % du prix final d’une bouteille d’eau. Les accises sur le vin et les spiritueux varient également d’un pays à l’autre : une bouteille de whisky de 70 cl à 40 % était donnée autour de 16,79 euros en Belgique, contre 13,14 euros en France, 10,90 euros en Allemagne et 9,60 euros au Luxembourg.

Ce type d’écart peut donner envie de remplir le coffre, mais le calcul doit intégrer le déplacement et les achats qui n’étaient pas prévus. Les raisons économiques derrière les différences de prix sont abordées dans cette analyse des achats transfrontaliers en Belgique : pour le consommateur, la question pratique reste toujours la même, celle du coût réel de son panier.

Comparer les prix alimentaires au-delà des impressions

Les chiffres d’Eurostat compilés par Fevia placent la Belgique dans une position nuancée. Sur une base où la moyenne européenne vaut 100, l’indice des prix de la viande atteint 121,3 en Belgique, contre 128,4 en France et 113,4 aux Pays-Bas. Pour le poisson, la Belgique est à 97,8, la France à 108,5 et les Pays-Bas à 87,3.

Le tableau change encore pour le lait, le fromage et les œufs : l’indice belge est de 100,3, celui de la France de 93,3 et celui du Luxembourg de 118,4. Ces catégories regroupent des produits très différents ; elles ne disent donc pas combien coûtera le panier précis de Sophie, avec son lait, son fromage préféré et ses œufs habituels.

Catégorie ou indicateur Belgique France Pays-Bas ou Luxembourg
Viande, indice européen = 100 121,3 128,4 Pays-Bas : 113,4
Lait, fromage et œufs, indice européen = 100 100,3 93,3 Luxembourg : 118,4
Poisson, indice européen = 100 97,8 108,5 Pays-Bas : 87,3
Dépenses belges chez les voisins en 2025 708 millions d’euros, dont 463 millions en France

À l’échelle de l’alimentation dans son ensemble, le Luxembourg affiche un indice de 123,5, contre 107,9 en France, 104,5 en Belgique et 97,4 aux Pays-Bas. Le niveau de vie et la disposition des consommateurs à payer influencent aussi les prix. La Belgique n’est donc ni systématiquement la moins chère ni systématiquement la plus chère : la catégorie et le produit font toute la différence.

Pour préparer une comparaison concrète, les résultats d’une enquête récente sur les courses en France peuvent servir de point de départ, à condition de vérifier les prix locaux et les promotions du moment.

Promotions et marques : le panier ne raconte pas toute l’histoire

Une marque connue peut coûter moins cher en France, tandis qu’une marque de distributeur est parfois plus avantageuse en Belgique. Une comparaison d’articles vendus chez Albert Heijn illustre ces variations : un bouillon de légumes y était affiché à 55 centimes aux Pays-Bas contre 39 centimes en Belgique, alors qu’une sauce Sweet Chili coûtait 1,39 euro chez les voisins et 1,99 euro en Belgique.

Autre exemple, le café moulu doux bio de marque Carrefour était indiqué à 14,36 euros le kilo en Belgique et 19,95 euros en France. Autrement dit, le pays gagnant peut changer au détour du rayon ; même l’étiquette « marque du magasin » ne garantit pas le meilleur prix partout.

  • Comparer le prix au kilo ou au litre : un grand format peut sembler économique sans l’être réellement.
  • Noter les produits achetés régulièrement : la comparaison est plus utile avec une liste habituelle qu’avec un panier improvisé.
  • Vérifier les promotions et les conditions : une réduction réservée aux membres ou à l’achat de plusieurs unités peut modifier le résultat.
  • Ajouter le coût du trajet : carburant, stationnement et temps passé comptent aussi dans l’économie finale.

Les restrictions territoriales d’approvisionnement compliquent, selon Comeos, la possibilité pour les enseignes d’acheter certains produits dans un pays européen pour les revendre dans un autre. La fédération estime que ces obstacles contribuent à des prix plus élevés en Belgique pour certains produits transformés ; Fevia invite toutefois à ne pas attribuer tous les écarts à cette seule cause, en particulier lorsque des différences existent aussi sur les marques propres aux distributeurs.

Les données et les arguments avancés par les différentes fédérations sont détaillés dans cet article consacré à la question de savoir si les courses à l’étranger restent avantageuses. Ils rappellent qu’une moyenne nationale explique rarement le prix de chaque pot de sauce ou de chaque paquet de café.

Un déplacement rentable seulement si le calcul tient la route

Pour Sophie, la frontière n’est pas loin, mais une virée entière pour acheter uniquement de l’eau aurait peu de sens. Elle attend plutôt une occasion où plusieurs achats prévus affichent un écart intéressant, puis vérifie que les économies dépassent les frais du trajet.

Ce réflexe évite aussi l’effet classique du « tant qu’on y est » : deux promotions séduisantes finissent parfois par faire grimper la note. Faire ses courses chez ses voisins peut être malin, mais seulement si les économies sont réelles et portent sur des articles dont le foyer a besoin.

Les prix des boissons restent un sujet sensible, car la fiscalité belge pèse sur certaines références. Fevia plaide notamment pour éviter une hausse de TVA sur les aliments et les boissons, et évoque une réduction de certaines contributions sur les emballages et des accises. De son côté, une comparaison attentive des rayons permet déjà de distinguer les économies ponctuelles des habitudes qui coûtent cher.

La prochaine fois qu’un prix étranger semble imbattable, le meilleur réflexe n’est pas forcément de prendre la route : c’est de comparer le panier complet, puis de voir si l’économie mérite vraiment le détour.

Source: www.lalibre.be

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Virginie

Je suis Virginie, une entrepreneuse dynamique de 35 ans. Passionnée par l'innovation et le développement durable, je m'engage à créer des solutions qui améliorent la vie quotidienne. Suivez-moi dans cette aventure passionnante!

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