Dans un village éloigné des grandes surfaces, faire ses courses peut vite devenir une expédition : quelques kilomètres à parcourir, du carburant à payer et des horaires à concilier. Pour les habitants des zones rurales, l’accès à une alimentation de qualité dépend autant de la présence de commerces que de la vitalité agricole alentour. En Aveyron, Banquiz répond à une partie du défi avec ses camions-magasins, tandis que le GAEC des Peupliers accompagne l’installation de Christelle Sudre, jeune éleveuse laitière à Colombiès.
Ces deux initiatives, différentes mais complémentaires, dessinent une même ambition : rapprocher les produits des habitants et donner aux exploitations les moyens de durer. La Région Occitanie a accordé 170 000 euros à Banquiz pour soutenir son développement, et plus de 180 000 euros d’aides régionales et européennes ont accompagné l’installation de Christelle Sudre et la modernisation de son exploitation. Derrière ces montants, il y a des camions à équiper, une salle de traite à améliorer et, surtout, des services qui restent accessibles au dernier kilomètre.

Déserts alimentaires en milieu rural : rapprocher les commerces des habitants
Un désert alimentaire ne se mesure pas seulement à l’absence d’un supermarché sur une carte. Il se vit dans les trajets qu’il faut organiser, les dépenses de carburant qui s’ajoutent au panier et les produits frais qui deviennent moins accessibles. Selon les chiffres avancés par Banquiz, 11 millions de personnes en France se trouvent à une vingtaine de kilomètres aller-retour d’un supermarché : une distance qui pèse particulièrement lorsque les déplacements sont indispensables pour chaque course.
À Calmont, Banquiz mise sur une solution concrète : des camions-magasins qui desservent les communes et proposent principalement des produits locaux. L’entreprise travaille avec 35 fournisseurs de proximité et exploite huit véhicules dans l’Aveyron, dont six basés à Calmont et deux à Villefranche-de-Rouergue. Son activité représente un chiffre d’affaires d’environ 8,3 millions d’euros, un repère qui témoigne de la place prise par ce commerce itinérant dans le paysage local.
Imaginons une habitante qui ne conduit pas, ou dont la voiture est immobilisée : le passage régulier d’un camion transforme une course compliquée en rendez-vous de quartier. On y achète de quoi cuisiner, mais on échange aussi quelques nouvelles. C’est cette dimension pratique et sociale que souligne la Région, qui voit dans le service une façon de renforcer l’égalité entre les territoires. Pour découvrir le fonctionnement de l’enseigne, son concept d’épicerie rurale itinérante détaille cette approche de proximité.
Banquiz investit dans ses camions et prépare un développement en franchise
Après une vingtaine d’années de présence dans le Massif central, l’entreprise souhaite transmettre son modèle à des entrepreneurs locaux. La franchise doit leur permettre d’exploiter un camion sous l’enseigne Banquiz, tout en s’appuyant sur un concept et une organisation déjà éprouvés. Le lancement de cette démarche, engagé en mars, a accueilli un premier partenaire.
Le projet global représente 800 000 euros d’investissement, dont 170 000 euros apportés par la Région. Les fonds doivent accompagner le renouvellement de la flotte, la refonte du site internet et de l’application de vente, ainsi qu’une évolution de la logistique. L’objectif annoncé est de développer le réseau en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, avec un potentiel estimé à 120 camions en Occitanie.
| Initiative | Soutien ou moyen mobilisé | Effet attendu |
|---|---|---|
| Développement de Banquiz | 170 000 € de la Région, dans un investissement global de 800 000 € | Moderniser les véhicules, les outils de vente et la logistique |
| Épicerie itinérante en Aveyron | Huit camions et 35 fournisseurs locaux | Rendre des produits de proximité accessibles dans les communes desservies |
| Installation au GAEC des Peupliers | Plus de 180 000 € d’aides régionales et européennes depuis 2023 | Faciliter l’installation et améliorer les conditions de travail et d’élevage |
La tournée des élus régionaux en Aveyron, qui a notamment conduit les conseillers Emmanuelle Gazel et Clément Carles chez Banquiz et au GAEC des Peupliers, s’inscrit dans une démarche de valorisation des entreprises accompagnées. Le compte rendu de cette visite en Aveyron met en lumière un enjeu commun : soutenir les activités qui maintiennent des services et des emplois dans les territoires ruraux.
Installation d’une jeune agricultrice : moderniser l’élevage à Colombiès
Au GAEC des Peupliers, à Colombiès, Christelle Sudre s’est installée comme jeune agricultrice en 2023 aux côtés de Thomas Maurel. L’exploitation est spécialisée dans l’élevage bovin laitier. Depuis son installation, un accompagnement régional et européen de plus de 180 000 euros a soutenu à la fois son arrivée dans l’exploitation et plusieurs travaux de modernisation.
Les aménagements concernent la stabulation et le bloc de traite, avec notamment la mise en place d’un robot de traite et d’un robot pousse-fourrage. La ventilation a également été améliorée et les déplacements des animaux sécurisés. Ces évolutions visent à renforcer le bien-être des bêtes et à réduire la pénibilité du travail : moins de tâches répétitives, davantage de temps pour surveiller le troupeau et gérer l’exploitation.
Cette aide ne signifie pas que le GAEC fournit directement les camions de Banquiz : les deux projets sont présentés comme des leviers distincts d’un même équilibre rural. D’un côté, une exploitation pérenne maintient une activité agricole et une production locale ; de l’autre, un commerce mobile facilite l’accès aux produits dans des communes parfois éloignées des magasins. Pour comprendre comment agriculture et vitalité des campagnes se renforcent, les ressources de l’AFD sur l’agriculture et le développement rural éclairent les enjeux plus larges de ces investissements.
Des aides qui relient production, services et vie locale
À l’échelle d’un village, l’impact se mesure rarement à un seul équipement. Un outil de traite modernisé peut rendre l’activité plus soutenable pour une jeune agricultrice ; un camion qui passe régulièrement peut éviter à un habitant un trajet coûteux et préserver un lien avec les producteurs. Ces réponses ne règlent pas à elles seules toutes les difficultés d’accès alimentaire, mais elles apportent des solutions visibles et adaptées au terrain.
- Pour les habitants : un service itinérant réduit les contraintes de déplacement et rapproche des produits locaux.
- Pour les agriculteurs : les aides à l’installation et à la modernisation facilitent la continuité des exploitations et améliorent les conditions de travail.
- Pour les communes : commerces mobiles et fermes actives contribuent à maintenir des services, de l’emploi et des échanges au quotidien.
Le fil conducteur est simple : pour que bien manger reste possible à la campagne, il faut agir sur plusieurs maillons à la fois, de la ferme jusqu’au lieu où les habitants font leurs courses. La jeune agricultrice qui peut s’installer et le camion qui s’arrête dans un village racontent, chacun à leur manière, une même volonté de garder les territoires vivants.
Source: www.centrepresseaveyron.fr














