Au rendez-vous salarial du 2 octobre 2026, le gouvernement a annoncé une hausse du minimum de traitement dans la fonction publique, mais pas de revalorisation générale des rémunérations. À compter du 1er janvier 2027, celui-ci doit passer de l’indice majoré 366 à l’indice majoré 372. Une mesure qui vise à maintenir les plus bas traitements au-dessus du Smic, sans répondre à la question plus large du pouvoir d’achat des agents.
Pour Nadia, agente territoriale fictive, la nouvelle ressemble à une petite marche ajoutée au bas d’un escalier : utile pour les personnes concernées, mais loin de faire monter tout le monde. Le point d’indice reste gelé et aucune autre mesure salariale générale n’a été annoncée lors de la rencontre. Entre soulagement pour certains et déception pour beaucoup, le rendez-vous laisse donc une impression contrastée — un ajustement ciblé, sans réponse globale à l’érosion des salaires.
Minimum de traitement dans la fonction publique : ce qui change au 1er janvier 2027
Le relèvement annoncé porte le minimum de traitement à l’indice majoré 372, contre 366 actuellement. L’objectif est d’éviter que les rémunérations les plus basses de la fonction publique ne passent sous le niveau du Smic. La mesure doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027.
Cette évolution concerne surtout les agents dont le traitement indiciaire se situe près du plancher. Pour les autres, elle ne signifie pas automatiquement une hausse de salaire : sans augmentation de la valeur du point d’indice, les grilles ne progressent pas toutes de la même façon. Les précisions sur le relèvement sont présentées dans les informations consacrées à l’indice minimum des agents publics.

Une mesure ciblée, pas une hausse pour tous les agents
Le changement de minimum protège les rémunérations les plus basses, mais ne constitue pas une revalorisation générale. Un agent déjà rémunéré au-dessus du nouveau seuil ne bénéficiera pas nécessairement d’une augmentation liée à cette seule annonce. C’est la différence entre relever le plancher et déplacer l’ensemble de l’échelle.
La nuance compte aussi pour les équipes qui comparent leurs fiches de paie : deux collègues peuvent entendre parler d’une hausse, sans voir le même effet sur leur traitement. Le gouvernement détaille le cadre de la rencontre dans son retour sur le rendez-vous salarial de la fonction publique.
Point d’indice gelé : pourquoi les syndicats restent déçus
Le maintien du point d’indice au même niveau signifie qu’aucune hausse générale des rémunérations n’a été annoncée. Pour les syndicats, le relèvement du minimum ne compense donc pas la perte de pouvoir d’achat ressentie par les agents dont le salaire dépasse le seuil concerné. Le rendez-vous salarial apporte une réponse étroite à une préoccupation beaucoup plus large.
Les réactions syndicales soulignent ce décalage entre l’attente d’une mesure commune et l’annonce d’un ajustement limité. La CGT État revient sur les échanges du 2 octobre dans son compte rendu du rendez-vous salarial. En clair, le minimum remonte, mais le débat sur les salaires de l’ensemble des agents reste ouvert.
Pour suivre l’impact concret de la mesure, les agents peuvent comparer leur indice majoré actuel au seuil annoncé, puis vérifier leur situation auprès de leur service des ressources humaines ou de leur organisation syndicale. Ce réflexe évite de confondre le nouveau minimum avec une augmentation automatique applicable à chaque fiche de paie.
Les principaux repères annoncés
| Repère | Situation annoncée | Effet attendu |
|---|---|---|
| Minimum de traitement actuel | Indice majoré 366 | Seuil applicable avant la mesure |
| Nouveau minimum | Indice majoré 372 | Relèvement prévu au 1er janvier 2027 |
| Point d’indice | Aucune revalorisation générale annoncée | Pas de hausse commune pour l’ensemble des agents |
| Autres mesures salariales | Aucune autre annonce générale lors du rendez-vous | Les attentes restent largement insatisfaites |
Ce que les agents peuvent vérifier après le rendez-vous salarial
Dans les prochains mois, le plus utile est de regarder sa situation réelle plutôt que de s’en tenir au titre d’une annonce. Un agent proche du minimum pourra vérifier l’évolution de son traitement indiciaire à la date prévue, tandis qu’un agent situé plus haut dans la grille devra distinguer cette mesure d’une éventuelle progression liée à son échelon ou à son parcours professionnel.
- Repérer son indice majoré sur le bulletin de paie pour savoir si le nouveau plancher peut le concerner.
- Distinguer traitement indiciaire et rémunération totale, qui peut aussi comprendre des primes et indemnités.
- Suivre les textes d’application et les informations transmises par l’employeur public avant l’entrée en vigueur prévue.
- Examiner les possibilités de formation lorsque l’évolution professionnelle constitue un autre levier : les agents concernés peuvent notamment consulter les modalités du congé de formation professionnelle pour les AED, AESH et APSH ou les informations sur le CFP des AESH pour 2026-2027.
Ces vérifications ne remplacent pas une hausse générale, mais elles aident à comprendre ce qui changera — ou non — sur une situation individuelle. Au terme du rendez-vous salarial, le message est simple : le seuil le plus bas progresse, tandis que la revalorisation de l’ensemble des traitements reste sans réponse.
Source: www.lagazettedescommunes.com














