Les foreurs américains ont ajouté des appareils pour la troisième semaine consécutive, une séquence qui ne s’était plus produite depuis juillet au moment du relevé. Pour la semaine achevée le 25 septembre 2025, le parc total a progressé de quatre unités, à 599, son niveau le plus élevé depuis mai 2024. Ce chiffre, suivi de près par les marchés, sert de thermomètre à l’activité à venir : il ne prédit pas mécaniquement la production, mais donne un indice sur les investissements des producteurs.
Le mouvement concerne à la fois le pétrole et le gaz, avec une hausse particulièrement visible dans le bassin du Permien, vaste zone de production entre le Texas et le Nouveau-Mexique. Le rebond tranche avec plusieurs années de recul du nombre d’installations, alors que les compagnies privilégiaient le rendement et le remboursement de la dette. Pour 2026, les prévisions de l’EIA anticipent pourtant une production américaine en hausse, portée notamment par la demande de gaz des centrales électriques et des terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié. Autrement dit, les foreuses reprennent du service, mais chaque décision reste calculée au millimètre — même si les machines, elles, sont tout sauf discrètes.
Forage aux États-Unis : le nombre d’appareils atteint 599
Le relevé de Baker Hughes fait état de 599 plateformes pétrolières et gazières, soit quatre de plus que la semaine précédente et 50 de plus qu’un an auparavant. Les appareils dédiés au pétrole ont gagné trois unités, à 455, tandis que ceux affectés au gaz ont progressé d’une unité, à 135. Les neuf installations restantes, classées dans la catégorie des activités diverses, n’ont pas bougé.
Cette progression est notable après les baisses annuelles enregistrées en 2023, 2024 et 2025. Elle ne signifie pas que les entreprises ont abandonné leur discipline financière : une foreuse supplémentaire représente plutôt un pari ciblé sur la demande et les perspectives de prix. Le détail du relevé et son contexte sont également présentés dans cet article consacré aux appareils de forage américains.

| Indicateur | Variation hebdomadaire | Niveau relevé |
|---|---|---|
| Total pétrole et gaz | +4 | 599 |
| Appareils pétroliers | +3 | 455 |
| Appareils gaziers | +1 | 135 |
| Bassin du Permien | +1 | 270 |
| Oklahoma | +1 | 52 |
Le Permien et l’Oklahoma concentrent une partie de la hausse
Dans le bassin du Permien, le décompte a augmenté d’une unité, à 270 appareils, son plus haut niveau depuis juin 2025. L’Oklahoma a lui aussi gagné une plateforme, portant son total à 52, un sommet depuis mai 2025. Ces hausses régionales montrent où les opérateurs choisissent de renforcer leur activité, plutôt qu’une expansion uniforme sur l’ensemble du territoire.
Pour une société de services hypothétique, une plateforme de plus dans une zone déjà équipée peut faire toute la différence : les équipes, les routes et les fournisseurs sont à proximité. C’est un peu comme ouvrir un nouveau comptoir dans un marché où les clients sont déjà présents, plutôt que de bâtir une boutique au milieu de nulle part. Le mouvement du Permien donne ainsi un aperçu concret de la manière dont les investissements se concentrent sur les bassins les plus actifs.
Pourquoi les entreprises énergétiques relancent-elles les forages ?
La remontée des installations intervient après trois années de contraction du parc : il avait diminué de 20 % en 2023, de 5 % en 2024, puis de 7 % en 2025. Lorsque les prix du pétrole sont moins favorables, les producteurs ont souvent intérêt à améliorer l’efficacité des puits existants et à préserver leurs liquidités plutôt qu’à ajouter rapidement des capacités. Cette stratégie explique pourquoi le nombre de plateformes peut reculer alors même que les entreprises continuent de produire.
Le contexte des prix compte aussi. Les tensions au Moyen-Orient ont soutenu les cours du brut au moment évoqué par les données, ce qui peut rendre certains projets de forage plus attrayants. Pour suivre cette dimension du marché, voici un point sur les tensions qui influencent le pétrole brut américain. Mais une hausse des prix ne suffit pas, à elle seule, à déclencher une ruée vers les derricks : les entreprises évaluent aussi les coûts, la dette et les retours attendus pour leurs actionnaires.
Une reprise à interpréter avec prudence
Le nombre de plateformes est un indicateur avancé, pas un compteur de barils déjà sortis du sol. Entre la décision d’investir, le forage et la mise en production, il existe des délais ; les gains de productivité des puits peuvent également modifier la quantité extraite sans que le parc de forage augmente dans les mêmes proportions. C’est pourquoi trois semaines de hausse constituent un signal à surveiller, mais pas la preuve d’un changement durable de cap.
Quelques repères aident à lire la tendance sans confondre activité et production :
- Le total hebdomadaire renseigne sur l’évolution récente des moyens de forage, mais ne mesure pas directement les volumes produits.
- La répartition pétrole-gaz permet de voir quels segments attirent les investissements à court terme.
- Les chiffres régionaux, comme ceux du Permien et de l’Oklahoma, révèlent où les opérateurs concentrent leurs efforts.
- Les prix, les coûts et la demande déterminent si cette progression peut se prolonger au-delà de quelques semaines.
La séquence actuelle mérite donc attention, sans transformer une hausse hebdomadaire en prophétie énergétique. Les entreprises semblent avancer par étapes : elles ajoutent des capacités là où les conditions leur paraissent les plus favorables, tout en gardant un œil sur les marchés.
Production américaine : les prévisions de l’EIA pour 2026
Les perspectives de production donnent un autre éclairage à ces mouvements. L’Agence américaine d’information sur l’énergie prévoit que la production de pétrole brut progressera de 13,7 millions de barils par jour en 2025 à 13,8 millions en 2026. Pour le gaz naturel, elle anticipe une hausse de 107,6 à 111,7 milliards de pieds cubes par jour.
Cette croissance attendue s’appuie notamment sur la demande de gaz pour produire l’électricité nécessaire aux centres de données, ainsi que sur les exportations de gaz naturel liquéfié. Les chiffres annoncés ne garantissent pas que chaque nouveau forage aboutira à davantage de production, mais ils montrent pourquoi les entreprises gardent certains projets dans leur portefeuille. Le secteur cherche l’équilibre entre une demande en hausse et la prudence financière acquise après plusieurs années de recul des plateformes.
La hausse de quatre appareils prend ainsi tout son sens : modeste à l’échelle nationale, elle s’inscrit dans un marché où les besoins futurs pourraient continuer à croître. Reste à voir si les prochains relevés confirmeront cette reprise, ou si les foreurs marqueront une pause dès que les conditions changeront.
Source: boursorama.com









