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Retraite des fonctionnaires : doubler les pensions ne creuserait pas le déficit, selon un économiste

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De Virginie

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un économiste estime que doubler les pensions des fonctionnaires ne creuserait pas le déficit. découvrez son analyse et les arguments avancés.
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« Doubler les pensions sans creuser le déficit » : la formule de l’économiste Bertrand Martinot a de quoi faire lever un sourcil. Invitée à la radio, elle ne signifie pourtant pas que les retraités de la fonction publique pourraient recevoir davantage sans coût pour la collectivité. Elle décrit plutôt une particularité comptable : les pensions des fonctionnaires de l’État sont retracées dans un compte dont l’équilibre repose aussi sur les contributions de leur employeur, l’État.

Imaginez une entreprise qui inscrit une partie de la rémunération de ses salariés dans une enveloppe budgétaire séparée, puis l’alimente pour couvrir les dépenses prévues. Augmenter les sommes versées aux retraités ne ferait pas automatiquement apparaître un déficit dans cette enveloppe, si l’État augmentait aussi sa contribution. Mais la facture, elle, grimperait bien dans les finances publiques. C’est cette différence entre équilibre du compte des pensions et coût pour l’État qui nourrit le débat, alors que les documents budgétaires prévoient près de 66 milliards d’euros de recettes pour le compte en 2026.

Retraite des fonctionnaires : pourquoi doubler les pensions ne créerait pas mécaniquement un déficit

Sur Europe 1, Bertrand Martinot a résumé son raisonnement par une hypothèse volontairement spectaculaire : même si les pensions étaient doublées, le déficit du régime ne serait pas automatiquement creusé. Il parle du solde du compte qui retrace les pensions de l’État, et non de l’ensemble des finances publiques. Son intervention sur Europe 1 met ainsi en lumière une distinction souvent noyée dans les grands chiffres.

Le régime concerné s’appuie sur le compte d’affectation spéciale « Pensions », ou CAS Pensions. Celui-ci enregistre notamment les pensions civiles et militaires de l’État, ainsi que les recettes qui contribuent à les financer. L’État y figure aussi comme employeur : sa contribution est fixée à des taux bien supérieurs aux cotisations patronales courantes du secteur privé.

doubler les pensions des fonctionnaires creuserait-il le déficit ? un économiste estime que cette hausse pourrait être financée sans aggraver les comptes publics.

Le CAS Pensions, une enveloppe équilibrée grâce à la contribution de l’État

Pour 2026, les taux de contribution prévus atteignent 78,6 % pour les fonctionnaires civils et 126,07 % pour les militaires. Ces pourcentages correspondent à la contribution employeur inscrite dans le dispositif. Ils ne signifient pas que les agents versent eux-mêmes ces montants : une part importante du financement provient directement de l’État.

Le mécanisme ressemble à un budget qu’on ajuste pour payer les factures annoncées. Si les pensions augmentent, les dépenses du compte augmentent aussi ; une contribution publique plus élevée peut alors préserver son équilibre comptable. Mais cette compensation ne fait pas disparaître la dépense : elle la reporte sur le budget de l’État, donc sur les ressources publiques.

La nuance est essentielle pour lire les débats sur la transparence des comptes et le coût des retraites de l’État. Une ligne comptable peut afficher un solde maîtrisé sans que le financement soit gratuit. En clair, pas de déficit automatique dans le compte ne veut pas dire pas de coût pour le contribuable.

Les chiffres des retraites publiques : un solde comptable n’est pas la facture totale

Les comptes ont déjà connu des tensions. En 2023, le CAS Pensions a enregistré un déficit annuel de 1,143 milliard d’euros, tandis que son solde cumulé restait positif, à 7,8 milliards à la fin de l’année. La Cour des comptes estimait alors que cette réserve pourrait être épuisée en 2026 si la tendance observée se prolongeait.

Ces deux chiffres ne se contredisent pas : le premier décrit le résultat d’une année, le second le cumul disponible après plusieurs exercices. C’est un peu comme un compte bancaire encore créditeur après un mois de dépenses supérieures aux revenus : la réserve existe, mais elle peut fondre si le déséquilibre perdure. L’évolution des dépenses et des recettes reste donc déterminante.

Repère budgétaire Montant ou taux Ce qu’il faut comprendre
Contribution employeur en 2026, fonctionnaires civils 78,6 % Contribution de l’État au financement du régime, distincte de la cotisation salariale
Contribution employeur en 2026, militaires 126,07 % Taux prévu pour les pensions militaires de l’État
Solde annuel du CAS Pensions en 2023 Déficit de 1,143 milliard d’euros Résultat de l’exercice, à distinguer du solde cumulé
Solde cumulé à la fin de 2023 Excédent de 7,8 milliards d’euros Réserve alors disponible, susceptible de s’épuiser si la dynamique persistait
Recettes prévisionnelles du CAS Pensions en 2026 Près de 66 milliards d’euros Ensemble des recettes prévues, et non montant d’un déficit caché

Les recettes du compte étaient évaluées à 65,1 milliards d’euros en 2024, puis à 65,6 milliards en 2025, avant d’approcher 66 milliards en 2026 selon les prévisions budgétaires citées. Ce total ne correspond pas à un trou supplémentaire dissimulé dans les comptes : il rassemble les ressources mobilisées pour financer les pensions, dont la contribution de l’État. La présentation des comptes publics des retraites est précisément au cœur des discussions actuelles.

Les 65 milliards d’euros : un financement à lire, pas un déficit à additionner

Bertrand Martinot évoque un ordre de grandeur d’environ 65 milliards d’euros. La Cour des comptes estimait par ailleurs que la contribution de l’État resterait autour de 50 milliards d’euros par an en euros 2024 à moyen terme. Ces montants éclairent l’effort de financement, mais ils ne doivent pas être additionnés comme s’ils représentaient deux déficits distincts.

La question porte donc autant sur la façon de présenter les comptes que sur leur montant. Le sujet a aussi été abordé sous l’angle des mécanismes de financement et des cotisations dans les analyses consacrées au supposé déficit caché. La formule de Martinot ne promet pas une économie : elle rappelle qu’une dépense financée par l’État demeure une dépense publique, même lorsque le compte correspondant reste équilibré.

Hausse des pensions : ce que le raisonnement de l’économiste ne dit pas

Un exemple permet de séparer les deux niveaux. Si une administration verse une pension plus élevée à une agente retraitée, le montant payé augmente bel et bien. Si l’État augmente en parallèle sa contribution au CAS Pensions, le compte peut rester équilibré ; mais il faut trouver les ressources correspondantes dans le budget public.

La phrase « pas un euro de déficit supplémentaire » concerne donc le fonctionnement comptable du régime, dans l’hypothèse où son financement est ajusté. Elle ne signifie ni que doubler les pensions ne coûterait rien, ni que les finances publiques pourraient absorber cette hausse sans arbitrage. L’économiste insiste lui-même sur ce point : les sommes doivent être financées d’une manière ou d’une autre.

Trois questions pour décoder le débat sur les pensions des fonctionnaires

  • De quel déficit parle-t-on ? Du solde du CAS Pensions ou du déficit global des administrations publiques ? Les deux indicateurs ne racontent pas la même chose.
  • Qui finance la pension ? Les cotisations salariales ne couvrent pas seules les pensions de l’État : la contribution de celui-ci comme employeur joue un rôle majeur.
  • Une hausse est-elle sans coût ? Non. Même si le compte est rééquilibré par une contribution publique, la dépense reste à financer dans le budget de l’État.

Ces repères évitent le piège des gros titres qui confondent équilibre comptable et absence de charge. Ils permettent aussi de comprendre pourquoi une réforme de présentation peut rendre le coût plus visible sans, à elle seule, réduire les sommes versées. La clarté des comptes change la lecture du débat, pas le montant des pensions à payer.

Pour suivre l’argument dans son contexte médiatique, cette recherche vidéo revient sur les déclarations et les enjeux du financement des retraites publiques.

Source: fr.news.yahoo.com

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Virginie

Je suis Virginie, une entrepreneuse dynamique de 35 ans. Passionnée par l'innovation et le développement durable, je m'engage à créer des solutions qui améliorent la vie quotidienne. Suivez-moi dans cette aventure passionnante!

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