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Interview — Garantie des salaires : comment le système fait face à la hausse des défaillances d’entreprises

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De Virginie

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découvrez comment le système de garantie des salaires s’adapte à la hausse des défaillances d’entreprises et protège les salariés concernés.
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Quand une entreprise ferme ses portes, les salaires ne devraient pas disparaître avec les clés du bureau. C’est précisément le rôle de l’AGS, le régime qui avance les sommes dues aux salariés lorsque leur employeur, placé en redressement ou en liquidation judiciaire, ne peut plus les payer. Or les défaillances continuent de grimper : après 68 500 en 2025, les projections pour 2026 se situent entre 72 000 et 75 000. Un chiffre impressionnant, mais qui ne signifie pas que l’AGS intervient dans chaque dossier : environ 40 % des entreprises concernées ont des salariés et des créances salariales à couvrir.

En 2025, le dispositif a avancé quelque 2,2 milliards d’euros à 250 000 salariés. Comment absorber un tel volume sans déséquilibrer le régime ni laisser les personnes concernées attendre leur dû ? Antonin Blanckaert, directeur général de l’AGS, met en avant un modèle financé par les entreprises, une organisation répartie sur tout le territoire et des règles qui placent les créances salariales en haut de la pile. Un équilibre précieux, alors que la Cour des comptes questionne déjà le niveau de protection proposé.

face à la hausse des défaillances d’entreprises, cette interview décrypte le fonctionnement du système de garantie des salaires et ses enjeux.

AGS et défaillances d’entreprises : une activité en forte hausse

Pour comprendre le travail de l’AGS, imaginons une petite entreprise de menuiserie, « Atelier Martin ». Après plusieurs mois difficiles, elle ne parvient plus à payer ses équipes et une procédure judiciaire s’ouvre. Si des salaires ou des indemnités restent dus, l’AGS peut avancer les fonds au mandataire judiciaire, qui les reverse ensuite aux salariés.

En 2025, l’organisme a accompagné 26 640 entreprises en difficulté et versé des avances à environ 250 000 salariés. Les chiffres de l’entretien évoquent près de 30 000 entreprises : il s’agit d’un ordre de grandeur arrondi, tandis que le bilan détaillé comptabilise 26 640 dossiers. Pour suivre l’évolution de l’activité, l’AGS publie aussi un point de conjoncture consacré au régime.

270 collaborateurs et 15 centres régionaux pour traiter les dossiers

Une hausse des procédures collectives se traduit mécaniquement par davantage de situations à examiner : vérifier les créances, coordonner les avances et assurer leur versement. L’AGS s’appuie sur 15 centres régionaux et 270 collaborateurs spécialisés pour absorber cette charge, au plus près des entreprises et des mandataires judiciaires.

Les dossiers touchent des secteurs variés : en 2025, 20 % des interventions concernaient l’industrie, 16,5 % les services aux entreprises et 15 % la construction ou le commerce. Les petites structures sont particulièrement présentes : 84 % des entreprises accompagnées comptaient moins de dix salariés. Pour une petite équipe, quelques semaines de paie impayée peuvent vite devenir un problème très concret, du loyer au panier de courses.

Comment l’AGS finance les avances sur salaire

Le financement repose sur deux leviers. Le premier est une cotisation patronale, fixée par le conseil d’administration de l’AGS : son taux est de 0,25 % de la masse salariale depuis juillet 2024, et il est maintenu à ce niveau au 1er janvier 2026, comme le rappelle cette information sur la cotisation AGS en 2026.

Le second levier est la récupération des sommes avancées lorsque l’entreprise peut rembourser ou lorsque ses actifs sont réalisés au cours de la liquidation. En 2025, ces récupérations ont atteint 699 millions d’euros, contre 607 millions l’année précédente. Le statut de créancier superprivilégié permet à l’AGS d’être remboursée avant de nombreux autres créanciers, un mécanisme qui contribue à l’équilibre du régime malgré l’augmentation des dossiers.

Indicateur de l’AGS en 2025 Repère
Avances versées aux salariés Environ 2,2 milliards d’euros
Salariés bénéficiaires Environ 250 000
Entreprises accompagnées, bilan détaillé 26 640
Sommes récupérées 699 millions d’euros
Taux de cotisation patronale au début de 2026 0,25 % de la masse salariale

Ce tableau raconte une double histoire : l’ampleur des difficultés rencontrées par les entreprises et la capacité du dispositif à faire circuler rapidement des sommes importantes. Les chiffres détaillés et les tendances du régime sont également suivis par l’observatoire consacré aux défaillances et à l’AGS.

Garantie des salaires : des délais et des plafonds protecteurs

Selon Antonin Blanckaert, le régime français figure parmi les plus protecteurs au monde. Les créances salariales bénéficient d’une priorité dans le droit français, et l’AGS dispose légalement de cinq jours au maximum pour verser les fonds au mandataire judiciaire, chargé de les redistribuer aux salariés. Le plafond de garantie cité dans l’entretien atteint 96 120 euros par salarié.

La comparaison avec d’autres pays donne une idée du niveau de protection, même si les règles et les mécanismes ne sont pas identiques d’un système à l’autre. En Allemagne, le plafond indiqué est de 21 150 euros, avec un délai pouvant atteindre trois mois ; en Belgique, il s’élève à 30 500 euros et le versement peut prendre jusqu’à dix mois. La rapidité compte : pour un salarié qui attend plusieurs paies, quelques jours ne ressemblent pas du tout à plusieurs mois.

  • Un plafond de garantie protège les créances salariales dans les limites prévues par le régime.
  • Un délai légal de cinq jours encadre le versement des fonds au mandataire judiciaire.
  • Une priorité donnée aux salaires distingue le modèle français et contribue à sa capacité de protection.

La garantie ne signifie pas que chaque dossier se règle sans examen : l’intervention dépend de la procédure judiciaire, de la présence de salariés et de créances salariales. Pour les salariés comme pour les dirigeants, connaître ce fonctionnement permet de mieux comprendre ce qui se passe lorsque l’entreprise ne peut plus tenir ses engagements.

La hausse des défaillances relance le débat sur les droits des salariés

Le régime affiche un équilibre financier malgré le surcroît d’activité, mais sa solidité ne met pas fin aux discussions sur son avenir. La Cour des comptes a évoqué une possible évolution des droits, une piste sensible puisqu’elle touche directement les protections accordées aux salariés. Plusieurs médias ont relayé ce débat, notamment les recommandations sur une éventuelle révision de la garantie et la piste d’une réduction des droits des salariés.

La position du directeur général est prudente : les règles d’intervention sont fixées par la loi, et leur évolution relève du législateur. Les organisations patronales, qui financent et gèrent le système, peuvent faire des propositions ; l’AGS, en tant que gestionnaire d’un service public, n’a pas vocation à arbitrer ce débat. Pour les entreprises, les salariés et les créanciers, la question centrale reste donc la même : comment préserver une protection efficace tout en maintenant les ressources nécessaires à son fonctionnement ?

La réponse se jouera dans les choix collectifs à venir. Pour l’heure, l’AGS avance les sommes dues, récupère une partie des fonds quand la situation le permet et s’appuie sur la solidarité entre entreprises : un mécanisme discret, mais essentiel quand une paie ne peut plus attendre.

Source: www.ledauphine.com

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Virginie

Je suis Virginie, une entrepreneuse dynamique de 35 ans. Passionnée par l'innovation et le développement durable, je m'engage à créer des solutions qui améliorent la vie quotidienne. Suivez-moi dans cette aventure passionnante!

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