À Morlaix, l’avenir du centre Afpa ne se joue pas seulement derrière les portes d’un organisme de formation. Il touche aux possibilités de se qualifier près de chez soi, aux recrutements des entreprises et à l’équilibre de tout un bassin de vie. Le 1er octobre 2026, 46 élus ont adressé une lettre commune aux ministres concernés pour demander le maintien du centre et de son offre qualifiante, après l’annonce d’une possible fermeture. Le site, ouvert depuis 1949, accueille des formations qui répondent à des besoins locaux, notamment dans des métiers de la construction où les employeurs peinent à recruter.
La démarche rassemble les 26 maires de Morlaix Communauté, des élus de territoires voisins, des responsables départementaux et régionaux, ainsi que les députées Sandrine Le Feur et Mélanie Thomin. Leur message est concret : déplacer les formations vers Brest ou Saint-Brieuc pourrait rendre le parcours inaccessible à des personnes qui n’ont ni voiture, ni temps, ni budget pour multiplier les trajets. Pour mesurer les enjeux derrière cette mobilisation, il suffit d’imaginer une personne en reconversion qui doit choisir entre apprendre un métier près de chez elle et renoncer faute de solution de transport. La demande des élus porte donc autant sur l’emploi que sur l’accès réel à la formation dans le Nord-Finistère.
Afpa de Morlaix : une mobilisation transpartisane pour éviter la fermeture
La lettre du 1er octobre réclame une rencontre rapide avec le gouvernement et un engagement clair sur le maintien du centre. Signée par des élus de sensibilités différentes, elle défend une approche territoriale : l’activité de l’Afpa dépasse les limites de Morlaix Communauté et doit être évaluée à l’échelle des communes et intercommunalités qui en dépendent.
Le président de Morlaix Communauté, Jean-Paul Vermot, a décrit une réaction collective face à l’annonce. Cette unité est notable : quand maires, parlementaires et collectivités voisines prennent la plume ensemble, ils cherchent à rappeler que les conséquences d’une fermeture ne s’arrêtent pas au portail du site. Le courrier des 46 élus aux ministres détaille cette demande de maintien.

Un centre de formation relié aux besoins des entreprises locales
Les élus mettent en avant un argument difficile à contourner : l’Afpa forme à des métiers recherchés par les entreprises du secteur. Ils citent les difficultés de recrutement signalées par France Travail dans la construction sur le bassin d’emploi de Morlaix, ainsi que les résultats communiqués pour le centre : 81,4 % de réussite aux formations et 69,2 % d’accès à l’emploi six mois après la fin du parcours.
Ces chiffres éclairent la fonction du site : transformer une formation en perspective professionnelle, sans éloigner les stagiaires de leur territoire. Pour une entreprise locale qui cherche un salarié qualifié, une formation de proximité peut faire la différence entre un poste pourvu et un recrutement qui s’éternise. C’est aussi le sens de la mobilisation contre la fermeture, déjà décrite comme un choc collectif pour les élus du territoire.
Ce que le maintien de l’Afpa de Morlaix représente pour le territoire
Au-delà des statistiques, la proximité compte dans la vie quotidienne. Une formation transférée à plusieurs dizaines de kilomètres peut entraîner des frais et des contraintes supplémentaires, surtout pour les personnes en reconversion, les demandeurs d’emploi ou celles qui assument déjà des responsabilités familiales. Une place disponible ailleurs ne garantit pas, à elle seule, qu’elle soit accessible à tous.
Les élus rappellent également la mission de service public confiée à l’Afpa : rendre la formation professionnelle accessible sur l’ensemble des territoires. Le débat oppose donc moins deux adresses qu’il ne pose une question très pratique : comment garantir un accès effectif à la qualification dans le Nord-Bretagne ? L’analyse des risques liés au passage d’un centre à une antenne est développée dans cette présentation de ce que le territoire pourrait perdre.
Les principaux enjeux avancés dans la lettre des élus
| Enjeu | Ce que défendent les élus | Conséquence possible d’un éloignement |
|---|---|---|
| Accès à la formation | Maintenir une offre qualifiante à Morlaix | Des déplacements plus longs et des parcours plus difficiles à suivre |
| Emploi local | Former aux métiers recherchés par les entreprises du bassin | Un vivier de compétences moins proche des recruteurs |
| Égalité territoriale | Préserver une réponse de formation dans le Nord-Bretagne | Un accès plus compliqué pour les habitants éloignés des grands pôles |
| Économie locale | Soutenir les entreprises et les parcours de reconversion | Des difficultés de recrutement susceptibles de durer |
La restructuration envisagée s’inscrit dans un débat plus large sur l’avenir de plusieurs sites de l’Afpa. Des élus ont également réagi dans d’autres territoires à l’annonce de fermetures de centres, tandis que la situation bretonne est évoquée dans un point consacré à la restructuration de centres Afpa en Bretagne. À Morlaix, les signataires demandent que les économies immobilières ne se traduisent pas par une disparition de l’offre de formation.
- Préserver les formations qualifiantes proposées sur le site de Morlaix.
- Maintenir une réponse de proximité pour les habitants du Nord-Finistère et des territoires voisins.
- Relier les parcours de formation aux recrutements locaux, notamment dans les secteurs en tension.
- Obtenir un échange avec le gouvernement et un engagement explicite sur l’avenir du centre.
Une inquiétude qui dépasse les murs du centre Afpa
La mobilisation ne vient pas uniquement des élus. Dans un communiqué publié le 30 septembre, le Parti communiste du pays de Morlaix a défendu la formation professionnelle comme un droit et un levier d’émancipation. Il a rappelé le rôle joué par le centre auprès d’anciens salariés de Gad et de Hop !, pour qui l’accès à une nouvelle qualification a pu accompagner un changement de parcours.
Les salariés, eux, ont indiqué vouloir conduire les formations des stagiaires jusqu’à leur terme. Ce point est essentiel : derrière chaque calendrier de restructuration, il y a des personnes déjà engagées dans un apprentissage et des équipes qui assurent leur accompagnement. Les réactions autour du centre, dont celles relayées par Sandrine Le Feur sur les emplois et la réorganisation, montrent que l’enjeu concerne autant les conditions de formation que l’avenir des équipes.
Le prochain rendez-vous attendu est désormais celui demandé par les 46 signataires : une rencontre avec les ministres et les représentants du territoire. Pour Morlaix, la question est simple à formuler, même si ses réponses ne le sont pas : comment préserver une formation utile aux habitants et aux entreprises sans vider le bassin d’emploi de l’un de ses outils ? Les élus attendent que cette décision soit examinée à l’échelle des vies et des besoins qu’elle engage.
Source: www.letelegramme.fr














